6 octobre 2026 - 22:21
L’ayatollah Seyyed Mojtaba Khamenei et la gestion stratégique du front de la résistance : des décennies d’expérience peu documentées

Les précédents volets de cette série ont abordé le « service aux personnes démunies » et la maîtrise des questions sécuritaires et militaires dans le parcours de l’ayatollah Seyyed Mojtaba Khamenei. Ce nouvel article revient sur ses expériences de gestion au sein du front de la résistance au cours des dernières décennies.

Agence de presse internationale AhlulBayt (ABNA) : La création, l’expansion et le développement du front de la résistance, ainsi que les efforts déployés au fil des années pour renforcer son influence aux niveaux régional et international, constituent des sujets dont l’importance a été largement évoquée. Dans ce contexte, le rôle de l’ayatollah Seyyed Mojtaba Hosseini Khamenei dans la gestion et le développement stratégique du front de la résistance fait partie des aspects qui ont été moins documentés.

L’importance attribuée à ce rôle est illustrée par les propos rapportés de certains acteurs du front de la résistance et des mouvements islamiques : « En Iran, personne ne sait ce que fait Agha Mojtaba, mais les membres du Hezbollah et des mouvements islamiques le connaissent très bien. »

Des réunions avec les principaux responsables du front de la résistance

La tenue de nombreuses réunions de plusieurs heures avec le martyr Seyyed Hassan Nasrallah et le général martyr Qassem Soleimani, ainsi que la participation à certaines de ces rencontres en tant que représentant du Guide martyr de la Révolution islamique, sont citées parmi les éléments permettant de mesurer l’étendue de ses liens et de sa connaissance des questions stratégiques et du commandement du front de la résistance.

Selon ce récit, l’une des politiques stratégiques suivies au sein du Hezbollah libanais sous la direction de l’ayatollah Seyyed Mojtaba Khamenei consistait à désigner des successeurs pour les différents niveaux de commandement. L’objectif était de permettre aux structures exécutives, de commandement et opérationnelles de poursuivre leurs activités à différents niveaux en cas de martyre ou de disparition de l’un des commandants.

Dans ce cadre, certains membres du Hezbollah libanais considèrent le cheikh Naïm Qassem comme un « cadeau » offert au Hezbollah par l’ayatollah Seyyed Mojtaba Khamenei. Certains acteurs du front de la résistance ont également décrit le cheikh Naïm Qassem comme ayant, dans une certaine mesure, été son disciple.

Des échanges particulièrement suivis avec Naïm Qassem

D’après des personnes ayant participé à ses réunions au cours des dernières décennies, les rencontres de l’ayatollah Seyyed Mojtaba Khamenei étaient organisées selon un cadre précis et commençaient et se terminaient généralement aux horaires prévus.

Les réunions avec le cheikh Naïm Qassem figureraient toutefois parmi les rares rencontres organisées à plusieurs reprises sans limitation de durée. Selon ce récit, cette particularité témoignerait de l’attention particulière accordée aux questions liées à la résistance.

Toujours selon cette même source, ces réunions se sont multipliées au cours des quelque 16 mois séparant la nomination du cheikh Naïm Qassem de l’accession de l’ayatollah Seyyed Mojtaba Khamenei à la direction de la République islamique d’Iran.

Une lecture des fragilités de la situation syrienne

L’un de ses disciples rapporte qu’à une certaine période, après la défaite de Daech en Syrie, il s’était réjoui de cet événement et l’avait considéré comme un signe de stabilité du gouvernement syrien.

Selon ce témoignage, l’ayatollah Seyyed Mojtaba Khamenei lui aurait alors répondu : « La Syrie est comme des allumettes posées les unes sur les autres. »

D’après ce disciple, les développements intervenus au cours des années suivantes et la chute du gouvernement syrien ont mis en évidence l’importance de cette évaluation.

Une activité qui aurait dépassé le cadre du Liban, de la Palestine, de la Syrie et du Yémen

Selon les acteurs cités dans ce domaine, cette gestion stratégique des activités liées au front de la résistance ne se serait pas limitée au Liban, à la Palestine, à la Syrie ou au Yémen.

Certains acteurs du front de la résistance en République d’Azerbaïdjan déclarent à ce sujet : « En tant que mouvement islamique d’Azerbaïdjan, nous lui adressions nos lettres et nos rapports. Les responsables concernés se rendaient également auprès de lui sur ces questions et il donnait les orientations nécessaires. Certains autres groupes issus des mouvements islamiques étaient eux aussi placés sous la supervision d’Agha Mojtaba. »

Dans l’ensemble, ces différents témoignages présentent un aspect moins évoqué du rôle attribué à l’ayatollah Seyyed Mojtaba Khamenei dans ses relations avec les réseaux de la résistance et les mouvements islamiques, ainsi que dans certains mécanismes stratégiques et managériaux associés à ces courants.

Toutefois, les détails de ce rôle et l’ampleur exacte de son implication nécessitent encore l’examen de documents et de témoignages indépendants et vérifiables.

Les prochains volets de cette série examineront d’autres dimensions du parcours scientifique et exécutif de l’ayatollah Seyyed Mojtaba Khamenei.

Sources :
Entretien avec Hojjat al-Islam Seyyed Amirhossein Alavi Gorgani, petit-fils du grand ayatollah Alavi Gorgani et ancien élève de l’ayatollah Mojtaba Khamenei

Entretien avec M. Eskandar Hosseynov, directeur de la Fondation Nour en République d’Azerbaïdjan

Seyyed Ali Asghar Hosseini / Agence de presse ABNA

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